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Hasfy vs Atera : quel outil tout-en-un pour les MSP français en 2026 ?

10 min de lecture
abstract concept of two interconnected IT management platforms merging into a unified solution

Un MSP français qui cherche un outil tout-en-un pour gérer son parc informatique et son support se retrouve souvent face à un dilemme : choisir une solution internationale comme Atera, leader historique du secteur, ou opter pour Hasfy, un SaaS français conçu pour les spécificités locales. Le vrai enjeu n'est pas de savoir lequel des deux est le "meilleur" sur le papier, mais lequel s'aligne avec vos contraintes opérationnelles, votre modèle de facturation et votre besoin de réactivité. Voici ce que vous devez examiner au-delà des fiches techniques marketing.

Pourquoi comparer Hasfy et Atera ? Le contexte des MSP français

Atera domine le marché des outils tout-en-un pour MSP depuis près d'une décennie. Son modèle par technicien (per-technician pricing) et ses intégrations avec des outils comme Splashtop ou Bitdefender en ont fait un standard pour les prestataires qui externalisent la gestion de parcs informatiques. Mais ce modèle, conçu pour des marchés anglophones où les contrats sont souvent facturés à l'appareil ou à l'heure, peut devenir un casse-tête pour un MSP français dont les clients paient des forfaits mensuels avec un nombre fixe d'interventions.

Hasfy, lancé en Early Access en 2025, aborde le problème sous un angle différent : une tarification unique par siège facturable (Admin ou Technicien), des fonctionnalités pensées pour les équipes internes et les MSP qui gèrent des contrats forfaitaires, et une stack technique hébergée en France. Le choix entre les deux ne se résume pas à une liste de fonctionnalités, mais à la manière dont chaque outil structure votre temps, votre facturation et votre relation client.

Tarification : modèle par technicien vs modèle par siège

La différence la plus visible entre Hasfy et Atera réside dans leur approche tarifaire. Atera facture par technicien, avec des paliers qui augmentent en fonction du nombre d'appareils supervisés ou des fonctionnalités activées. Ce modèle peut sembler avantageux pour un MSP qui démarre avec peu de clients, mais il devient rapidement coûteux à mesure que le parc grandit. Par exemple, un technicien qui supervise 500 appareils paiera le même prix que s'il en supervisait 100, ce qui peut fausser la rentabilité des contrats forfaitaires.

Hasfy, en revanche, adopte une tarification par siège facturable (150€/mois en Early Access, verrouillé à vie). Chaque siège donne accès à un nombre illimité d'appareils supervisés et à 250 comptes utilisateurs non facturables. Ce modèle est particulièrement adapté aux MSP qui facturent leurs clients au forfait, car il élimine la variable du nombre d'appareils dans le calcul de rentabilité. Voici un tableau comparatif des deux approches :

CritèreHasfyAtera
Modèle de tarificationPar siège facturable (Admin/Technicien)Par technicien + paliers d'appareils
Prix mensuel (Early Access)150€/siègeÀ partir de 99$/technicien
Appareils supervisésIllimitésLimités par palier (ex. 250, 500, 1000)
Comptes utilisateurs250 gratuits par siègeLimités par plan
Facturation clientManuelle par défaut (Mollie Connect optionnel)Intégrée via Atera Billing
EngagementMensuel, annulable à tout momentMensuel ou annuel (réduction)
Schéma comparant les coûts mensuels de Hasfy et Atera en fonction du nombre d'appareils supervisés

Cette différence de modèle a un impact direct sur la marge des MSP. Selon une étude couramment citée dans le secteur, 47 % des entreprises ont des appareils non gérés qui accèdent à leurs systèmes, ce qui signifie que le nombre réel d'appareils à superviser est souvent sous-estimé. Un modèle comme celui d'Atera, où chaque appareil supplémentaire peut faire basculer le coût dans un palier supérieur, peut rapidement réduire la rentabilité d'un contrat.

Supervision et monitoring : agent léger vs intégrations tierces

Les deux outils proposent une supervision en temps réel des équipements, mais leur approche diffère. Atera s'appuie sur des intégrations avec des outils tiers comme Splashtop pour l'accès distant ou Bitdefender pour la sécurité. Ces intégrations sont pratiques pour les MSP qui utilisent déjà ces solutions, mais elles ajoutent une couche de complexité : chaque outil tiers a sa propre facturation, ses propres mises à jour et ses propres limites.

Hasfy, en revanche, intègre nativement un agent de supervision basé sur Elastic Agent. Léger (50-80 Mo de RAM) et compatible avec Windows, macOS et Linux, cet agent remonte en continu les métriques essentielles (CPU, RAM, disque, réseau, uptime) sans dépendre d'outils externes. L'installation se fait via un script en ligne de commande, ce qui permet une automatisation facile lors du déploiement.

Capture d'écran du tableau de bord de supervision Hasfy affichant les métriques en temps réel d'un parc informatique

Un autre point clé est la gestion des alertes. Atera propose des seuils d'alerte configurables, mais ceux-ci sont souvent liés à des intégrations tierces (ex. une alerte pour un disque plein peut déclencher une notification dans Slack ou un ticket dans Atera). Hasfy, quant à lui, centralise les alertes directement dans son interface, avec des notifications in-app et par email, et la possibilité de lier une alerte à un ticket ou à une intervention planifiée dans le calendrier.

Ticketing et gestion des interventions : réactivité vs flexibilité

Le ticketing est au cœur de l'activité d'un MSP. Atera propose un système de tickets robuste, avec des statuts personnalisables, des SLA et des automatisations. Cependant, sa force réside surtout dans son intégration avec des outils comme PSA (Professional Services Automation), ce qui en fait un choix naturel pour les MSP qui externalisent une grande partie de leur activité.

Hasfy aborde le ticketing sous un angle plus flexible, adapté aux équipes qui gèrent à la fois du support réactif et des interventions planifiées. Les tickets peuvent être créés manuellement, via un formulaire web, ou automatiquement à partir d'une alerte de supervision. Les statuts sont simples (Nouveau → En cours → Résolu → Fermé, avec un palier "En attente") mais suffisants pour la plupart des cas d'usage. Les SLA sont configurables par priorité, avec un compteur en temps réel et des alertes en cas de dépassement.

Un atout majeur de Hasfy est la liaison bidirectionnelle entre les tickets et le calendrier d'interventions. Par exemple, un ticket pour une maintenance serveur peut être directement planifié dans le calendrier, avec des rappels et une récurrence si nécessaire. Cette intégration réduit le temps passé à jongler entre plusieurs outils et limite les risques d'oubli ou de double réservation.

Voici comment les deux outils se comparent sur les fonctionnalités clés du ticketing :

  • Création de tickets : Atera permet une création via email, portail client ou intégration PSA. Hasfy ajoute la possibilité de créer un ticket directement depuis une alerte de supervision ou une fiche équipement.
  • Priorités et SLA : Les deux outils proposent des priorités configurables et des SLA avec alertes. Hasfy ajoute un compteur en temps réel visible dans l'interface.
  • Assignation : Atera permet une assignation manuelle ou automatique via des règles. Hasfy propose une assignation manuelle avec des mentions @ pour notifier les techniciens.
  • Calendrier intégré : Hasfy lie nativement les tickets au calendrier d'interventions, ce qui n'est pas le cas chez Atera sans intégration tierce.
  • Portail client : Les deux outils proposent un portail client personnalisable. Hasfy permet un sous-domaine personnalisé pour chaque client d'un MSP.

Intégrations et écosystème : natif vs tiers

Atera mise sur un écosystème d'intégrations tierces pour étendre ses fonctionnalités. Son marketplace propose des connexions avec des outils comme QuickBooks (comptabilité), Slack (communication), ou SentinelOne (sécurité). Ces intégrations sont un atout pour les MSP qui utilisent déjà ces solutions, mais elles peuvent aussi complexifier la stack technique et alourdir les coûts.

Hasfy, en revanche, privilégie une approche plus intégrée. À ce jour, la seule intégration activable dans la marketplace est Mollie Connect, qui permet aux MSP de facturer leurs clients en ligne via carte bancaire. D'autres intégrations sont en développement (Pennylane pour la comptabilité, Notion pour la base de connaissances), mais Hasfy reste focalisé sur une expérience unifiée plutôt que sur un écosystème fragmenté.

Cette différence d'approche a un impact direct sur la simplicité d'utilisation. Avec Atera, un MSP peut se retrouver à gérer plusieurs abonnements, plusieurs interfaces et plusieurs factures pour des outils qui ne communiquent pas toujours parfaitement entre eux. Avec Hasfy, tout est centralisé dans une seule interface, ce qui réduit la charge administrative et limite les risques d'erreurs.

Sécurité et conformité : hébergement français vs cloud international

La localisation des données est un critère crucial pour les MSP français, surtout depuis l'invalidation du Privacy Shield et les exigences croissantes en matière de souveraineté numérique. Atera héberge ses données aux États-Unis, ce qui peut poser des problèmes de conformité RGPD pour les entreprises européennes. Bien que Atera propose des clauses contractuelles types (SCC) pour encadrer les transferts de données, celles-ci ne suffisent pas toujours à rassurer les clients soucieux de souveraineté.

Hasfy, en revanche, héberge toutes ses données en France (datacenter OVHcloud à Gravelines). La base de données, l'authentification, l'API et le frontend sont tous physiquement situés en France, ce qui simplifie la conformité RGPD et répond aux exigences des clients publics ou des secteurs réglementés (santé, finance).

Côté sécurité, les deux outils proposent des fonctionnalités similaires : chiffrement en transit (HTTPS/TLS), authentification à deux facteurs (2FA) via TOTP, et isolation des données multi-clients. Hasfy ajoute une couche de Row Level Security (RLS) au niveau de la base de données, ce qui renforce l'isolation entre les organisations.

Quel outil choisir pour votre MSP en 2026 ?

Le choix entre Hasfy et Atera dépend avant tout de votre modèle d'activité et de vos priorités. Si vous êtes un MSP qui externalise une grande partie de son activité et qui a besoin d'un écosystème d'intégrations tiers, Atera reste un choix solide. Son modèle par technicien et ses intégrations avec des outils comme Splashtop ou Bitdefender en font une solution adaptée aux équipes qui gèrent des parcs hétérogènes et des contrats à l'appareil.

En revanche, si vous cherchez un outil tout-en-un conçu pour les MSP français, avec une tarification prévisible, une stack technique hébergée en France et une intégration native entre supervision, ticketing et calendrier, Hasfy est une alternative à considérer. Son modèle par siège facturable et son approche unifiée réduisent la complexité administrative et s'alignent mieux avec les contrats forfaitaires courants en France.

Dans les deux cas, le vrai critère de décision n'est pas le nombre de fonctionnalités, mais la manière dont l'outil structure votre temps et votre relation client. Un outil comme Hasfy, conçu pour centraliser les données et les processus, peut vous faire gagner jusqu'à 30 % de temps administratif selon les retours des premiers utilisateurs. Ce temps, réinvesti dans la relation client ou dans l'optimisation des contrats, peut faire la différence entre un MSP qui survit et un MSP qui prospère.

Sources

  • 1Password — 2024 State of Enterprise Security Report
  • ITIC — 2024 Hourly Cost of Downtime Survey

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